La 6000D, ce qu’il reste quand on a tout oublié ! 2e senior Dame (65km 3500mD+)

Quand tu souhaites à une athlète une bonne continuation et qu’elle te répond : « Tu sais, je crois qu’on est toutes dans la même galère !… » Et bien non, pas cette fois-ci ! Tout est relatif en effet mais cette fois, quand j’annonce ne pas être entrainée, je ne fais pas dans le détail. Même si toute sortie participe à l’entrainement, surtout quand le coureur vit de manière sédentaire, ma dernière séance de qualité menée dans les règles de l’art, et terminant mon dernier cycle d’entrainement, remonte à la mi-mai. Ce dernier cycle entrainement je ne l’ai pas respecté avec rigueur. Je me suis réconfortée tout le printemps en me rappelant que quelques bons coureurs, trustant les podiums, il y a quelques années, s’entrainaient uniquement les weekends, faute de pouvoir le faire en semaine, en enchainant des compétitions. J’ai fait des blocs d’entrainement cette année, parfois grâce à des compétitions, mon emploi du temps pro et mon projet en chefs d’orchestre.

IMG_5133Je prends conscience de l’importance d’un entrainement bien mené qui ménage le mental de l’athlète. Depuis 6 mois, presque un an car la prise de conscience se fait très progressivement, je prends soin de ma santé mentale, pour reprendre les termes de cette personne qui se reconnaitra peut-être si elle me lit. Cela revient à ne pas faire de séances de qualité si cela me rajoute du stress et de la fatigue nerveuse. Cela revient à partir courir au rythme des copains si mon besoin de partage est plus grand, voire de ne pas courir pour participer à des activités de détente. Aujourd’hui j’ai vécu la 6000D avec ce qu’il me reste de 10 années de course à pied maintenant « que j’ai tout oublié » : je décrirai donc là quelques « outils » assez simples qui m’ont permis de savourer cette épreuve.

La 6000D, 65,5km et 3300mD+ à ma montre ; le point culminant : le glacier de Bellecôte situé à 3047m d’altitude, originalités : riche animation dans les villages, chaleur des bénévoles, Ludovic Collet à l’animation sur les lignes de départ et d’arrivée, fanfare notamment au sommet du glacier, passage sur la piste de bobsleigh, et jolie remontée du col de l’Arpette, difficile mais savoureuse. Possibilité de courir tout le temps sauf peut-être pour l’accès au point culminant.

Disposer d’une assistance au top et caler sa feuille de route,

Je commencerai ce récit par des remerciements à Magali, cette cousine de Singapour que la vie ne veut pas me faire rencontrer (Me garderait-elle le meilleur pour la fin ?…), Aline sa voisine et amie d’enfance que je n’aurai pas rencontrée, puis Jérôme pour leur mise en relation avec Delphine, traileuse de l’association Voe2000 de La Plagne qui m’offrira, ainsi qu’à Jocelin, un toit pour la nuit précédant la course. De vifs remerciements aussi à Delphine ainsi qu’à Christèle de l’OT de La Plagne pour avoir accepté de me fournir un dossard à la toute dernière minute, fourni à prix fort : 85 euros, … Un quiproquo avec mon nouveau club explique cet état d’urgence. Ca n’est jamais bon pour un athlète de changer de club, de team, pour les aspects organisationnels notamment, la logistique d’une saison de trails avec championnat, épreuves phares etc…. Les derniers remerciements reviennent à Laurence Caron de Bulle d’Or qui m’offrit 11 minutes de cryothérapie, 11 minutes en référence aux 11 degrés de l’eau dans laquelle je me suis plongée quelques minutes seulement après avoir passé la ligne d’arrivée et avoir embrassé bien chaleureusement « notre » Ludo (Collet). Merci aussi Carole et Loulou du Roc de la Lune pour les pâtes de fruits, etc.. l’amitié tout simplement, et à Laurent Frayssignes pour son suivi-live unique !

Étant en contact avec Jérôme, celui-ci me propose d’assurer mon assistance. Je lui explique que je ne sais pas du tout ce que je vaux ; que depuis le mois de mai les semaines durant lesquelles je cours le volume d’une 6000D sont rares. Il m’explique que la mise à disposition gratuite des téléphériques facilite l’accès aux ravitaillements, qu’il pourra se déplacer facilement et attendre si besoin. Je profite de ce billet pour lui faire plein de bisous virtuels pour son soutien efficace, ses petits sms d’encouragement pendant la course, ses regards chargés d’enthousiasme. Vous, amis, famille, assistance, vous ne mesurez pas la valeur ue vous avez pour nous autres coureurs !

J’ai laissé en Andorre mes sachets de boisson énergétique Nutratlétic, mon ancien partenaire nutrition. Il m’en fournit 3 de nutrattente qu’il complète avec 3 sachets de produits Effinov. Les formulations étant assez proches, je les combinerai et les utiliserai pour les 6 premières heures de course. La fin de course, moins exigeante à mon sens, sera courue avec de l’eau plate couplée à des pâtes de fruits afin d’éviter l’écoeurement que j’ai ressenti lors du Célestrail après 6h de course. Au ravitaillement je boirai du coca et la st Yorre fournis. J’ai demandé à Jérôme de me fournir toutes les 2 heures 2 comprimés de sporténine et un cachet de vitamine C, et de diluer un sachet de sel de table dans le litre d’eau, pure ou additionnée de boisson de l’effort. 1 litre d’eau est ce qui me permet de courir 2 heures pour la température de cette 6000D. Je prévois donc 2h de course entre les différents ravitos situés sur la montée et 1h30 dans la descente.

Boite à outils : un sachet de nutratlétic pour 500mL d’eau, soit 1h de course ; un sachet de sel de table pour 1L de boisson ; 2 sporténine et 1 vitamine C toutes les 2h (je n’ai pas de citrate de potassium sur moi ici) ; de l’eau plate seule après 6h de course pour finir l’épreuve que je pensais courir entre 7h30-8h, à une allure souple de sortie longue mais sans flânerie, accompagnée de pâtes de fruits consommées au ressenti ou avant les coups de cul (Roche de Mio, glacier, col de l’Arpette) durant l’épreuve. Je mangerai un morceau de banane avant le glacier et j’aurai envie d’un quart d’orange au dernier ravito.

A chacun sa façon de gérer le stress, les coups durs, la fatigue.

Je pars sans m’échauffer et je me surprends à être très à l’aise sur la portion plane qui débute l’épreuve, courant aux cotés de Stéphanie Duc. Sandra Martin puis Aline Coquard me doubleront dans le début de l’ascension, lorsque je décide de couper les gaz. Je ne suis pas une bonne grimpeuse. J’étais devenue une grimpeuse correcte à force d’entrainement en suivant les plans de Vincent Rabec pendant un an et demi couplé aux séances spécifiques montagne proposées par Christophe Malardé. Désentrainée je retrouve mes qualités naturelles : j’ai perdu 2 kg de muscles mais j’ai retrouvé mon élasticité naturelle et ma foulée véloce à plat et j’aime beaucoup. Les bâtons viennent au secours de mes jambes désormais : j’ai acquis une bonne technique, peu dispendieuse en énergie. L’alternance marche et course me permet de sauver les meubles. Après le lac des Blanchets je reviendrai sur Agnès HERVE qui m’avait doublée avant la piste de bob’, au Km10, grâce à cette technique.

Je discutais de ma gestion toute particulière de la 1e moitié de la montée. Face à un obstacle il y a plusieurs façon de réagir : y faire face (merci l’entrainement assidu ou les qualités naturelles, avec de la mesure dans l’exigence envers soi-même), le refuser (c’est à dire abandonner) ou contourner l’obstacle. Je choisis cette dernière option : lorsque j’ai vu que je trainais « la patte », je me suis adonnée à la photo, une distraction qui m’apporta de la détente mentale sans perdre trop de terrain. Je stoppais mon jeu quand le point culminant s’est rapproché, poussant le vice à photographier ma rivale du moment, la jeune Marion PELE qui terminera 20 minutes derrière moi, 3e sénior dame. A plusieurs reprise je me serai remémoré ce que l’on m’a souvent dit : « A la jeunesse il manque l’expérience, la connaissance de soi et à la … » Je vous laisse finir la phrase ! J

Dans une course presque en montée/descente il est facile, une fois le dernier col passé, de se dire : « Aller, on rentre à l’écurie ! » C’est ce que je me suis dit. J’ai commencé à avoir mal un peu partout (muscles) à partir du 45e km. Delphine m’avait briefée. Je savais l’existence de portions en relances, sorte de montagnes russes interminables. Je m’étais donc préparée mentalement à les passer. Par ailleurs, un esprit frais, volontaire car non émoussé par des heures d’entrainements placées au forceps dans un emploi du temps chargé, me permis d’accepter d’avoir mal. Bien entrainée j’étais trop exigeante envers moi-même. Je n’acceptais ni l’erreur, ni la défaillance. Je donnais trop de coeur à l’ouvrage. Non entrainée je savais qu’il fallait avoir une course sage et que je n’avais qu’à serrer les dents en me dictant cette petite phrase si chère à mon ex-entraineur Philippe Propage : « La douleur est une information » et c’est passé « comme une lettre à la Poste » ou presque 😉

En guise de conclusion,

FullSizeRenderBref je vivrai ma 6000D avec beaucoup de plaisir car j’ai toujours bénéficié d’une grande lucidité : je me suis donc très bien alimentée ! Je ne suis jamais monté dans les tours, surtout dès le début où j’ai opté pour l’effort mesuré. Je me suis rappelé de courir avec la montagne plutôt que de chercher à lui résister. J’avais fait de même sur la Célestrail. Cet état d’esprit m’est profitable ! Je suis une enfant avant d’être une guerrière. J’ai su l’être à une époque. C’est moins à l’ordre du jour car je dépense mon énergie dans d’autres combats…

Bilan coté perf’ : 4e scratch et 2e Dame dans la catégorie Sénior.

6000D-CitationLaoTseuAinsi si seule l’expérience vécue a valeur de leçon, un coach se doit de savoir quels leviers il utilisera pour permettre à son athlète d’exploiter le meilleur de lui-même. S’il aime son athlète il lui fera découvrir J Tous les athlètes ne se ressemblent pas. Un même athlète évolue au fil des saisons, des années : il faut que jeunesse se passe, et jeunesse se passe ! Les grands athlètes, le restant souvent sur le long terme, qu’ils se distinguent par leurs performances et/ou par leur charisme, leur fairplay, leur sportivité.

Ma dernière phrase va à un tout jeune traileur, elle va à Jocelin Ray du team Hospitaliers, plein de félicitations pour sa belle gestion de course. Il manquait de volume, d’expérience. Il est parti dans l’inconnu et il a géré comme un chef ! Bravo Beau Gosse !! Il y en aura plein d’autres comme celle-ci, j’en suis certaine !!

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2 Comments

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  1. Chapeau championne !

  2. ougier freddy 7 août 2016 — 17:58

    bravo jolie récit biz

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